Télécharger 📥 Podcast 🎧
Actualité en Afrique :
Analyses de la rédaction :
1. Le Tchad rejoint le clan de la Russie ?
Depuis la mort du président Idriss Déby Itno, Mahamat Idriss Déby, président du Conseil militaire de Transition, s’est exprimé pour la première fois depuis sa prise de fonction en avril dernier.
Dans une interview, Mahamat Idriss Déby a tenu des propos assez forts, surtout, concernant la question du retrait de Barkhane.
« Je crois que les Africains sont tout à fait capables de se défendre eux-mêmes contre le fléau terroriste. Les engagements du Tchad seront maintenus au sein de la Minusma et du G5 Sahel. »
Avec la libération d’opposants, et une transition qu’il souhaite inclusive, l’heure est à l’apaisement, reconnaît-il, après les affrontements meurtriers du 27 avril sur lesquels une enquête est en cours. Mais il n’est pas question de reconnaître ceux qu’il qualifie de mercenaires tchadiens en Libye, le FACT, qu’il ne nomme jamais.
Des propos qui interviennent quelques jours après l’annonce de la Russie d’aider le Tchad à moderniser ses équipements militaires.
Le vice-ministre russe de la Défense, le colonel général Alexandre Fomine, a affirmé le 24 juin que des spécialistes russes sont prêts à aider à la réparation et la modernisation des équipements militaires de l’armée tchadienne. Il s’est entretenu à Moscou avec une délégation tchadienne conduite par le ministre en charge de la défense, le général Daoud Yaya Brahim.
Selon lui, « l’armée tchadienne est équipée d’un grand nombre d’équipements militaires de production soviétique et russe ».
« Nos États sont liés par des liens d’amitié à long terme et très forts, des liens très étroits dans le domaine de la coopération militaire et technique. Nous avons une histoire très riche. Nous apportons une aide au renforcement des capacités de défense de nos États, et donc à la protection de la souveraineté, de l’intégrité territoriale », a déclaré Alexandre Fomine.
Le vice-ministre russe de la Défense a déclaré que « la République du Tchad est armée d’un vaste ensemble d’équipements militaires et spéciaux de production soviétique et russe, qui nécessitent des réparations, un entretien et une modernisation réguliers. Et nous sommes prêts pour un tel travail. »
Le général Daoud Yaya Brahim a remercié la partie russe pour son invitation à la 9e Conférence de Moscou sur la sécurité internationale, qui s’est déroulée du 22 au 24 juin en Russie. La délégation tchadienne a également eu une séance de travail avec le ministère russe de la Défense. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération militaire.
Concernant Barkhane, les propos de Mahamat Idriss Déby rappellent ceux du président nigérien Mohammed Bazoum au début de son investiture.
Il avait affirmé qu’avec une présence ou un départ de Barkhane, la situation ne serait absolument pas différente.
Comment pourrait réagir la France en voyant que le Tchad se tourne petit à petit vers la Russie ?
Lors des funérailles du président Idriss Déby Itno, nous avons pu constater que le président français Emmanuel Macron s’est précipité à N’Djamena afin de resserrer la vis et prendre un certain contrôle de la situation. Un contrôle que Paris perd de plus en plus d’ailleurs en Afrique de l’Ouest. Mais, visiblement, la sphère d’influence française se dégonfle à vue d’œil sur le continent africain. Les Africains n’ont pas fini de dégonfler cette sphère.
2. Éthiopie : le TPLF passe à l’offensive !
En Éthiopie, les rebelles terroristes du TPLF sont repassés à l’offensive.
Selon les premières informations disponibles, les rebelles progresseraient vers la ville de Mekele depuis quelques jours.
Selon plusieurs sources, les rebelles terroristes liés au Front pour la libération du peuple du Tigré (TPLF) se seraient emparés de Mekele, la capitale de cette région.
« Tout le monde est parti, les derniers sont partis dans l’après-midi […] la région n’a pas de gouvernement », a indiqué un membre de l’administration intérimaire mis en place par le gouvernement fédéral pour diriger les affaires courantes dans la région, qui ajoute avoir assisté à des scènes de liesse.
Si elle est confirmée dans les prochaines heures, la prise de Mekele par les troupes rebelles représenterait un retournement de situation. Celle-ci avait éclaté après que le gouvernement d’Addis Abeba a lancé une opération militaire pour renverser les autorités locales dissidentes, entrées en conflit ouvert avec le pouvoir central et le pays. Depuis, Abiy Ahmed est régulièrement critiqué par la communauté internationale, ce qui a engendré des guerres médiatiques.
Pour l’heure, les autorités éthiopiennes n’ont pas encore réagi à cette nouvelle situation, qui survient en plein processus électoral. Selon les médias d’État, le gouvernement a annoncé un « cessez-le-feu unilatéral » dans la région.
Qui arme et approvisionne les rebelles terroristes du TPLF ? Certains experts pointent du doigt Washington.
Et pour cause, Washington n’a pas arrêté de mettre la pression sur Addis Abeba et Asmara afin qu’ils retirent les troupes militaires de la région. Posons-nous la question pourquoi demander une telle chose, alors que la région n’était pas encore entièrement sécurisée. De plus, les ONG et l’ONU demandaient constamment qu’Addis Abeba leur offre un accès complet au pays, ce qui était hors de question pour le gouvernement éthiopien. Les fakenews n’ont pas arrêté, alléguant des famines en tout genre et ainsi de suite. Le voisin érythréen a décidé d’épauler Addis Abeba afin de sécuriser la région. Ce qui a provoqué l’ire de Washington qui demandait le retrait des troupes érythréennes. L’ambassadeur d’Éthiopie aux États-Unis avait d’ailleurs rappelé que c’était les rebelles du TPLF qui ont commencé à attaquer l’aéroport d’Asmara avec des roquettes, ce qui a fait réagir le gouvernement érythréen. Une réaction normale, mais le comportement de la Communauté internationale était plus que douteux.
Mais outre l’affaire des rebelles terroristes dans la région du Tigré, c’est l’affaire du grand barrage de la Renaissance. Les négociations étaient au point mort, alors que le Soudan et l’Égypte, sous la pression occidentale, ont contesté la construction du barrage alléguant que cela allait nuire aux intérêts économiques des voisins éthiopiens. Dernièrement, la Chine s’était penchée sur cette affaire en affirmant que le Grand barrage allait développer l’Éthiopie et même ses voisins. Donc la région allait devenir une grande puissance.
Mais ce n’est pas tout. Entre l’Éthiopie et la Russie, les relations prenaient une autre tournure. Ce qui a dérangé, c’est qu’Addis Abeba ambitionne de se lancer dans le nucléaire civil avec la coopération de la Russie.
Ce qui n’arrange pas certaines puissances mondiales. Car si l’Éthiopie, qui ne courbe pas l’échine face aux États-Unis, arrive au bout de ses ambitions, c’est toute une région qui sera sous l’influence d’Addis Abeba. En d’autres termes, Washington suivrait le même chemin que la France en Afrique de l’Ouest, et perdrait considérablement son influence dans toute la Corne de l’Afrique.
Certains experts pensent que si Washington, avec l’aide de son allié Israël, tente par tous les moyens de déstabiliser l’Éthiopie et la Corne de l’Afrique, c’est également pour empêcher certaines puissances comme l’Iran, la Russie ou encore la Chine de diminuer l’influence américaine, et même occidentale dans la région. Ce qui est bien sûr inconcevable pour les puissances occidentales et surtout pour les États-Unis. Ce qui fait que ces experts pensent que Washington tentera par tous les moyens pour lancer le conflit en armant et en approvisionnant les rebelles terroristes du TPLF. Même si cela ne passait pas à travers les ONG et l’ONU, certains pensent que cette réorganisation se serait faite à travers Israël par le biais du Soudan.
Mais il ne faut tout de même pas mettre un point essentiel de côté. Les pays d’Afrique en général se tournent de plus en plus vers leur indépendance à tous les niveaux ce qui implique qu’ils se détachent de plus en plus de l’influence néfaste occidentale. L’Occident montre de plus en plus de signes de panique, ce qui laisse à penser que l’Afrique est sur la bonne voie.
3. Sénégal : pourquoi tant d’hostilité envers Dakar ?
Au Sénégal, de plus en plus d’informations sont relayées dans les médias mainstream utilisant un ton plutôt hostile à l’encontre de Dakar. Mais pour quelle raison, l’Occident et particulièrement la France en voudrait-il au président Macky Sall ? Une analyse du géopoliticien, Luc Michel.